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Au Sénégal, les tensions entre Faye et Sonko s'accentuent

4 mai 2026

Lors d'un entretien télévisé qu'il a accordé samedi, le président sénégalais a dénoncé la "personnalisation excessive" autour du chef du gouvernement, au sein du parti au pouvoir.

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Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko en 2024 lors d'un rassemblement électoral
Malgré la popularité d'Ousmane Sonko, c'est le président Bassirou Diomaye Faye qui détient tout le pouvoir réel en tant que président et qui peut limoger son chef du gouvernement d'un simple décretImage : Mosa'ab Elshamy/AP Photo/picture alliance

Lors de son intervention, le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, n'a pas manqué d'exprimer sa déception de voir les députés de la majorité voter en urgence la loi modifiant le code électoral mardi dernier. Il a également dénoncé la "personnalisation exessive" autour du chef du gouvernement, Ousmane Sonko, au sein du parti au pouvoir.

"Tant qu'il reste Premier ministre, c'est parce qu'il bénéficie de ma confiance. Quand ce ne sera plus le cas, il y aura un nouveau Premier ministre", a déclaré le Bassirou Diomaye Faye qui préside le Sénégal depuis 2024.

Dr Malaw Kanté, enseignant-chercheur à l'Université Cheikh Anta Diop de Dakar, constate que le discours de Bassirou Diomaye Faye a beaucoup changé. Selon le spécialiste en philosophie politique, ce n'est plus l'ombre d'un doute, le divorce entre les deux dirigeants est consommé : 

"Ça confirme effectivement tout ce qu'on pensait dans cette relation" (Dr. Malaw Kanté)

"On a vu un président effectivement qui essayait en partie de mettre fin à ce qu'on peut appeler le culte de la personnalité au sein du parti Pastef. Tout le monde le sait, dans ce parti, en général, on entend parler que d'Ousmane Sonko, effectivement, que la plupart des militants ne prennent en considération que les propos ou effectivement les discours de Sonko. 

Et c'est ce que semble avoir dénoncé hier le président de la République. C'est une nouvelle tournure quand même, parce que c'est vrai que jusqu'ici personne n'a pu avoir ce ton, personne n'a pu avoir un tel discours au sein du parti. Et quelque part, ça confirme effectivement tout ce qu'on pensait dans cette relation depuis très longtemps, depuis pratiquement quelques mois, on parlait même de dualité, on parlait pratiquement de rupture.

Le premier ministre lui-même, Ousmane Sonko, avait, à un moment donné même, utilisé l'expression la "cohabitation douce", ce qui n'existe pas en politique pour dire que, effectivement, les relations n'étaient pas au beau fixe. Donc aujourd'hui, tout ceci est confirmé."