Période difficile pour l'économie allemande
23 avril 2026
La ministre l'Economie, Katherina Reiche (CDU), a annoncé à Berlin ne série de mauvaises nouvelles. Elle estime qu'en raison des conséquences de la guerre dans le Golfe, l'Allemagne n'enregistrera cette année qu'une maigre croissance économique d'un demi-point de pourcentage.
"Cette escalade nous a fait reculer sur le plan économique. (…) La situation reste très instable", a déclaré la ministre. Elle peut désormais jeter à la poubelle le rapport économique annuel que Katherina Reiche avait présenté en janvier, avant le début de la guerre américano-israélienne contre l'Iran. A l'époque, elle tablait sur une reprise économique lente mais régulière.
L'inflation devrait augmenter davantage cette année, pour atteindre 2,8 %. La hausse des prix de l'essence, du pétrole, du gaz et de l'électricité contribue à cette tendance. Selon les prévisions de la ministre de l'Economie, les prix des denrées alimentaires devraient encore augmenter.
Choc, crise, incertitude
"La petite lueur d'espoir économique qui semblait timidement renaître après trois années de marasme total, de 2023 à 2025, se heurte à des vents contraires de plus en plus forts", explique la ministre Katherina Reiche. "La guerre au Proche-Orient a provoqué un choc des prix de l'énergie que nous n'avons pas pu empêcher, mais qui pèse réellement sur la population et l'économie."
La croissance potentielle, c'est-à-dire la croissance qu'une économie peut atteindre à long terme lorsque les entreprises fonctionnent à leur capacité normale, n'est que de 0,5 % du produit intérieur brut en Allemagne. Ce chiffre est trop faible pour garantir la prospérité de l'Allemagne dans les années à venir, selon l'analyse du ministère de l'Economie.
De plus en plus d'emplois industriels seraient supprimés en Allemagne et partiellement délocalisés à l'étranger, où les conditions sont plus favorables, a déploré la ministre, qui a elle-même travaillé comme entrepreneuse. En référence aux concurrents européens et mondiaux, Katherina Reiche explique que "la faiblesse de la croissance est avant tout de nature structurelle ; d'autres pays ont fait le nécessaire". Selon les données de la Commission européenne à Bruxelles, l'Allemagne reste à la traîne en matière de croissance en Europe.
La dette publique allemande augmente
Les principaux instituts de recherche en économie avaient déjà présenté leurs prévisions de printemps avant Pâques. Ils partagent l'avis de la ministre de l'Economie selon lequel la croissance économique en Allemagne ne sera que de moitié inférieure à ce qui avait été prévu avant la guerre en Iran.
Timo Wollmersheim, économiste à l'Institut Ifo de Munich, a souligné que la faible croissance enregistrée cette année est principalement soutenue par des investissements publics financés par l'endettement. Cela a un coût.
Les économistes soulignent "les risques à long terme pour la stabilité des finances publiques et les besoins considérables en matière d'assainissement budgétaire à la fin de la décennie". En d'autres termes, les charges d'intérêts dans le budget fédéral vont augmenter considérablement. Cet argent fera alors défaut pour les programmes sociaux ou les compléments de retraite.