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Simone Gbagbo : "La réconciliation est le chantier le plus urgent"

25 septembre 2025

Un mois avant la présidentielle du 25 octobre 2025, Simone Gbagbo revient sur l'exclusion de personnalités du scrutin, défend Laurent Gbagbo et dévoile ses priorités : réconciliation, jeunesse et place des femmes.

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Simone Gbagbo : Je dois avouer que j’ai été surprise par le rejet de la candidature de Monsieur Affi N’Guessan. Je ne m’y attendais pas. En revanche, pour Monsieur Thiam, le résultat était prévisible : il n’était pas sur la liste électorale, donc sa candidature ne pouvait pas être retenue. C’est également le cas pour le président Laurent Gbagbo.

Nous nous sommes tous battus pour qu’une loi d’amnistie soit adoptée afin d’annuler la condamnation dont il a été victime. J’ai toujours considéré que sa condamnation à 20 ans était injuste. Lors de mon propre procès, j’ai été interrogée à ce sujet. Celui qui me jugeait avait lui-même bénéficié des salaires versés grâce à cet argent, qu’il a été obligé d’aller chercher à la BCEAO. S’il y a voleur, il y a donc receleur. Cette décision n’est pas juste, elle est même inique.

Nous avons mené ces combats, qui sont justes, mais nous n’avons pas remporté la victoire à ce niveau-là. Il faut maintenant s’organiser pour faire pression sur cette élection et arracher la victoire au RHDP.

DW : Dans cette élection, il y a deux femmes candidates. C’est une grande première en Côte d’Ivoire. Vous êtes aujourd’hui l’icône de la politique féminine dans le pays. Quel message souhaitez-vous adresser à la jeune génération de femmes ?

Simone Gbagbo : Malgré tout ce qu’on dit, les femmes en Afrique, et particulièrement en Côte d’Ivoire, ont une présence très forte. Je me réjouis que nous soyons au moins deux femmes parmi les cinq candidats. C’est un signal fort.

DW : Une fois élue au soir du 25 octobre, quelle sera la priorité de votre présidence ?

Simone Gbagbo : Tout est prioritaire dans notre pays. Mais s’il faut choisir un chantier fondamental, ce serait celui de la réconciliation. La Côte d’Ivoire sort d’une crise grave, d’une guerre. Le pays a été divisé, il y a eu des morts. La réconciliation ne signifie pas seulement reconnaître les morts ou demander pardon. Elle implique aussi la restitution de tout ce qui a été pillé : terres, maisons, biens. Il faut dédommager ceux qui ont perdu des choses importantes. Il faut restaurer l’unité, la paix, le vivre ensemble.

DW : Quelle sera la place des jeunes et des femmes dans votre programme ?

Simone Gbagbo : On parle souvent des succès économiques du régime actuel, mais comment expliquer que tant de jeunes meurent en Méditerranée ? Qu’ils s’enfoncent dans l’orpaillage clandestin, au péril de leur vie ? Il faut que cela cesse. Les jeunes doivent pouvoir étudier et participer pleinement au développement national.

Quant aux femmes, elles sont un pilier du développement. Elles sont présentes partout, compétentes, équipées. Ce qu’il leur faut, c’est une aide — souvent technique ou scientifique, plus que financière — pour franchir un cap, passer de l’artisanat à l’industrie. Elles maîtrisent les circuits de production, de transformation, de commercialisation. Elles excellent dans ces domaines. Je souhaite qu’elles m’accompagnent, qu’elles se lèvent, qu’elles deviennent encore plus concurrentes qu’avant.