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PolitiqueMadagascar

Madagascar : Rajoelina nomme un militaire Premier ministre

6 octobre 2025

La contestation à Madagascar a poussé Andry Rajoelina à nommer le général Ruphin Fortunat Dimbisoa Zafisambo chef du gouvernement.

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Madagascar Antananarivo 2025 | Des manifestants érigent des barricades dans les rues (30 septembre)
Dans les rues d’Antananarivo et d’autres grandes villes, des milliers de jeunes manifestent pour réclamer la démission du présidentImage : Zo Andrianjafy/REUTERS

Depuis plusieurs semaines, la rue gronde à Madagascar. Ce sont d'abord des jeunes, sans encadrement politique visible, qui ont lancé les premiers appels à manifester. 

Très vite, le mouvement s'est étendu, traduisant un profond ras-le-bol de cette frange de la population.

Les protestataires dénoncent le chômage, la vie chère, la corruption et l'absence de perspectives. Mais leur message s'est radicalisé : ils demandent désormais la démission du président Andry Rajoelina, qu'ils accusent d'avoir trahi les espoirs de changement.

En réaction à cette contestation populaire, le chef de l'Etat a choisi ce lundi un général de l'armée de terre comme nouveau Premier ministre. Méconnu du grand public, le général Ruphin Fortunat Dimbisoa Zafisambo, a été auparavant directeur de cabinet de son prédécesseur, celui qui avait été renvoyé comme tout le gouvernement une semaine plus tôt.
Lors d'une allocution télévisée, Andry Rajoelina a qualifié son nouveau chef du gouvernement d'homme "intègre, travaillant rapidement, ayant de l'ouverture et de l'écoute".

Andry Rajoelina glisse le bulletin de vote dans l'urne lors des élections de 2023
Depuis que le chef de l'Etat, Andry Rajoelina, a limogé tout son gouvernement le 29 septembre, le pays attend la nomination d'un nouveau Premier ministre Image : Ako Randrianarivelo/IMAGO/ZUMA Wire

Rajoelina rattrapé par l’histoire ?

Raoto Andriamanambe, journaliste et analyste politique, estime que le président Andry Rajoelina redoute visiblement la répétition de l'histoire.

"Il y a une certaine exaspération et une certaine frustration qui grandit au sein de la société. Donc voilà la similitude. Mais la différence, la grande différence, aujourd'hui, c'est une contestation qui a pris racine dans le mouvement de la jeunesse, qui a été ligué par la jeunesse, par une vraie jeunesse, une jeunesse qui était parfois peut être en marge de la société, une jeunesse qui n'était pas forcément politisée", rappelle Raoto Andriamanambe. 

En 2009, c'est Andry Rajoelina qui avait mené une contestation similaire contre le président d'alors, Marc Ravalomanana, aboutissant à un changement au sommet de l'Etat. 

Pour calmer la vague de protestation, le président malgache a limogé son Premier ministre et dissous son gouvernement, le 29 septembre dernier. 

 "C'est à lui de prendre des initiatives extrêmement fortes" 

Valdiodio Ndiaye, expert électoral et connaisseur de Madagascar, pense qu'Andry Rajoelina a toutefois encore une chance de sauver son pouvoir.

"Je pense que sa marge de manœuvre, par rapport à tous ces défis, c'est le fait d'avoir en face des segments de revendications qui ne sont pas très bien structurés, alors que l'Etat est très bien structuré. Et je pense que maintenant, c'est à lui, en tant que président de la République, de prendre des initiatives extrêmement fortes de médiation, de discussion et vraiment d'être, comme on dit, en fait, celui qui impulse les mécanismes de sortie de crise", déclare Valdiodio Ndiaye.

Le président Andry Rajoelina, dont une partie des manifestants réclament le départ, poursuit ses consultations et s'apprête à désigner un nouveau Premier ministre. 

Le Conseil chrétien des Églises de Madagascar s'est dit prêt, vendredi dernier, à assurer une médiation entre le pouvoir et les contestataires.