L'AES face à la libre circulation des biens et des personnes
28 janvier 2026
Le retrait des pays de l’Alliance des Etats du Sahel de la Cédéao, voulu comme un acte de souveraineté, a toutefois mis un terme à la liberté de circuler pour les personnes et les marchandises issues de ces trois pays.
Les documents administratifs, tels que les passeports, les cartes d’identité et les permis de conduire sont devenus un problème pour les ressortissants de l’Alliance des Etats du Sahel qui souhaitent voyager au sein de l’espace Cédéao.
Le secrétaire général du Syndicat démocratique routier du Niger, Almou Yacouba, témoigne de ces difficultés rencontrées pour rentrer dans l’espace Cédéao.
"On a un souci au niveau de carte grise internationale et du permis international. Surtout, l’assurance Cédéao, ça nous fatigue dans l’espace l’AES. Au niveau de la Cédéao, on a aussi des difficultés avec la carte grise internationale et le permis international pendant le voyage. Si tu as la carte d’identité du Niger, arrivé en Côte d’Ivoire, par exemple, ils disent que notre carte n'est pas valable parce qu’il y a la date de fabrication, mais pas la date d’expiration. Avant, il y avait des cartes d’identité de la Cédéao pour voyager, mais aujourd’hui, comme nous ne sommes plus dans la Cédéao, il y a des personnes qui réclament ça au niveau des frontières. Vraiment, on a des problèmes avec les pièces de voyage."
Pots-de-vin au niveau des frontières
Malgré les efforts des gouvernements des Etats du Sahel pour améliorer la situation, les transporteurs et les voyageurs continuent de faire face à des contrôles abusifs et à des demandes de pots-de-vin sur les différentes frontières.
Chaibou Tchiombiano est le secrétaire général des commerçants importateurs et exportateurs du Niger. Il explique que même au sein de l’AES, les déplacements ne sont pas simples.
"Véritablement, on devrait avoir une libre circulation des personnes et des biens. Malheureusement, souvent, on est confronté à ce genre de problème."
"Notre souhait, poursuit Chaibou Tchiombiano, est qu’il y ait un passeport unique de l’AES, avec lequel on pourrait librement circuler sur le territoire de l’AES."
Le problème des documents administratifs reste donc un défi important pour les citoyens des trois pays concernés.
C’est la raison pour laquelle Niamey a abrité, en décembre 2025, une réunion des ministres des Transports de l’Alliance des Etats du Sahel pour discuter de la libre circulation des personnes et des biens dans l’espace AES, après leur retrait de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest.