Donald Trump veut créer et présider un "Conseil de paix"
20 janvier 2026
Le président américain Donald Trump avait initialement prévu que le Conseil de la paix supervise les efforts de paix et de reconstruction dans la bande de Gaza. L'Onu a approuvé cette initiative en novembre dernier par sa résolution 2803. Certains experts en droit international la considèrent déjà comme une violation du droit international.
Désormais Donald Trump souhaite instaurer ce conseil placé sous son égide et la nouvelle future structure ne s'occupera pas uniquement des conflits au Moyen-Orient. La charte fondatrice, publiée ce dimanche par le quotidien israélien "Times of Israel", ne mentionne même plus la bande de Gaza.
Selon cette charte, ce conseil aura pour mission de "promouvoir la stabilité, rétablir une gouvernance fiable et légitime et garantir une paix durable" dans le monde entier, et plus particulièrement dans les "zones touchées ou menacées par un conflit". Le document confère à son président des pouvoirs étendus. La charte désigne Donald Trump comme son président fondateur.
Conformément à la charte, il appartient exclusivement au président fondateur d’inviter les États à devenir membres. Et le mandat est limité à trois ans, renouvelable par le président du Conseil. Seuls les États qui contribuent à hauteur de plus d’un milliard de dollars américains au financement du Conseil de la paix au cours de sa première année d’existence obtiendront un siège de membre permanent.
Plusieurs pays invités
Pour l'heure, près d'une centaine d’États ont reçu une invitation à rejoindre ce Conseil à ce jour. Cette information a été confirmée par plusieurs États membres de l’OTAN, dont l’Allemagne, la Turquie, la Hongrie, la France, et le Canada, mais aussi la Russie.
Le Kremlin a confirmé que le président russe Vladimir Poutine avait reçu l'invitation et envisageait de l'accepter. Au Moyen-Orient, l'Égypte, la Jordanie et le Pakistan ont confirmé avoir reçu des invitations. Les présidents argentin Javier Milei et paraguayen Santiago Peña ont exprimé leur gratitude pour cette invitation.Le président des Emirabes arabes unis a déjà accepté. Le prix du ticket d'entrée pour obtenir un siège permanent s'élève à un milliard de dollars.
Vives polémiques
Par ailleurs, la nomination par Donald Trump de plusieurs personnalités au sein de cet organe a suscité de vives polémiques : son gendre Jared Kushner, l’ancien Premier ministre britannique Tony Blair, le président de la Banque mondiale Ajay Banga, le milliardaire américain Marc Rowan, ainsi que d’autres alliés politiques des États-Unis.
Dès le premier paragraphe de son préambule, la charte du Conseil de la paix affirme qu'une paix durable exige de "rompre avec les approches et les institutions qui ont trop souvent échoué".
L'Onu n'est pas mentionnée nommément, mais Donald Trump l'a critiquée à plusieurs reprises avec virulence, la qualifiant d'organisation inactive. L'Onu a été fondée il y a près de 80 ans à l'initiative du président américain Franklin D. Roosevelt. Elle compte aujourd'hui 193 États membres.
D'après Eliav Lieblich, expert en droit international à l'Université de Tel Aviv, une chose est sûre : "Cette charte est clairement conçue comme un défi à l'Onu et un signe de méfiance envers cette organisation", comme il l'a déclaré dans une interview au quotidien allemand "taz".