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ConflitsRussie

La France saisit un pétrolier de la flotte fantôme russe

2 octobre 2025

Pour Emmanuel Macron, c'est un signal clair adressé à Moscou, accusée de contourner les sanctions occidentales sur le pétrole depuis l'invasion de l'Ukraine.

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Le navire "Boracay" mesurant 244 mètres de long
La France a intercepté au large de ses côtes un pétrolier de la "flotte fantôme" russe, battant pavillon béninoisImage : Damien Meyer/AFP/Getty Images

Le navire, baptisé "Boracay" ou "Pushpa", mesurant 244 mètres de long, est soupçonné d'appartenir à la flotte fantôme russe, utilisée pour contourner les sanctions occidentales sur les exportations de pétrole. Sous le coup de sanctions européennes, le pétrolier fait l'objet d'une enquête ouverte pour "défaut de justification de la nationalité du navire" et "refus d'obtempérer".

Ce jeudi au sommet de la Communauté politique européenne, le président français Emmanuel Macron a appelé les Européens à s'organiser pour "accroître la pression" sur la flotte de navires clandestins qui permettent à la Russie d'exporter son pétrole en contournant les sanctions occidentales. Il a évoqué des "fautes graves" commises par l'équipage, justifiant une procédure judiciaire.

"Ça manifeste la présence et la réalité d'un phénomène qu'on décrit, qu'on dénonce depuis longtemps, c'est la lutte contre ces fameuses flottes fantômes, qui représentent des dizaines de milliards d'euros pour le budget de la Russie qui finance selon nos évaluations collectives, 40% de l'effort de guerre russe et on a entre 600 et 1.000 bateaux qui circulent comme ça et qui permettent aux hydrocarbures russes de cheminer, y compris quand ils sont interdits", a affirmé Emmanuel Macron. 

"Certains propriétaires cherchent à contourner les sanctions"

La marine nationale
Des militaires français se trouvaient toujours à bord jeudi d'un pétrolier de la flotte fantôme russe, repéré récemment au large du Danemark.Image : LUDOVIC MARIN/AFP

Du côté béninois, toujours aucun commentaire officiel après l'arraisonnement du pétrolier au large de Saint-Nazaire. Plusieurs questions restent en suspens : le Bénin était-il informé de l'incident ? Comment le droit maritime encadre-t-il l'interception d'un navire soupçonné de violer des sanctions internationales ? Et surtout, est-il possible qu'un navire batte pavillon béninois à l'insu des autorités du pays ?

Le sociologue spécialiste des questions militaires, Fiacre Vidjingninou, rappelle qu'un navire peut arborer le pavillon d'un pays sans pour autant lui appartenir.

"Un navire ne peut pas battre pavillon d'un pays sans en avoir été dûment autorisé. Il doit être enregistré dans ce pays et c'est l'Etat du pavillon qui lui délivre les certificats de navigation. Mais dans la pratique, certains armateurs ou propriétaires cherchent à contourner les sanctions internationales. Ils utilisent des méthodes comme le changement frauduleux de pavillon pour masquer l'origine réelle du bateau. Si la fraude est avérée, cela pourrait constituer une usurpation de pavillon, une infraction grave au regard du droit maritime international", a déclaré Fiacre Vidjingninou. 

Absence de pavillon

Selon les autorités françaises ce navire transportait "une importante cargaison de pétrole" en provenance de Russie et à destination de l'Inde. Et l'enquête réalisée par la Marine française a conclu ce jeudi à une absence de pavillon. Selon un site www.opensanctions.org , ce navire a été précédemment immatriculé sous sept pavillons différents (Djibouti, Gabon, Hong Kong, Saint-Kitts-et-Nevis, Liberia, îles Marshall, et Mongolie).