De Madagascar au Kenya, en passant par la Tanzanie, la Génération Z est descendue dans la rue. Connectée, déterminée et organisée via les réseaux sociaux, elle exige des changements profonds. TikTok, Instagram et les messageries chiffrées sont devenus des outils clés pour coordonner les actions, partager des preuves d’abus et maintenir la mobilisation en dehors des partis politiques.
Madagascar : de la colère sociale au coup d’État
À Madagascar, la frustration face aux pénuries d’eau et d’électricité s’est transformée en revendications politiques. Cette contestation a culminé avec un coup d’État qui a renversé le président Andry Rajoelina, illustrant la puissance de la rue lorsqu’elle se combine à une crise de gouvernance.
Kenya : la révolte contre les hausses d’impôts
Au Kenya, des milliers de jeunes ont protesté contre l’augmentation des taxes. Les réseaux sociaux ont joué un rôle central, permettant une mobilisation rapide et massive, hors des structures traditionnelles.
Tanzanie : la lutte pour les libertés civiques
En Tanzanie, la jeunesse a défié les restrictions imposées à l’espace civique, réclamant transparence et libertés fondamentales. Ces mouvements traduisent une volonté de réinventer la gouvernance.
Un continent assis sur une poudrière
Pour l’analyste Barrack Muluka, la combinaison d’un chômage élevé, d’échecs de gouvernance et d’une jeunesse numériquement connectée crée "un mélange explosif". Il dénonce une philosophie politique centrée sur les élites, au détriment du bien-être des jeunes diplômés depuis des décennies.
Malgré leur force, ces mouvements restent vulnérables : absence d’organisation formelle, risque de fragmentation ou de récupération politique. La capacité à transformer la puissance de la rue en réformes durables dépendra autant de la persistance des jeunes que de la réaction des gouvernements.