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Le système éducatif centrafricain sous Touadéra

Jean-Fernand Koena
26 décembre 2025

Faustin Archange Touadéra avait promis de faire de l’éducation l’épine dorsale de sa gouvernance. Mais, le système éducatif souffre d'un manque de financement.

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Dans une école de Mandaba à Bangui
La Banque mondiale apporte un grand appui au systéme éducatif centrafricainImage : Jean Fernand Koena/DW

L’élection de Faustin Archange Touadéra en 216, avait suscité l’espoir d’une amélioration du système éducatif centrafricain. Mais dix ans plus tard, peu de Centrafricains font confiance à l’enseignement dans les établissements publics.

"Le gouvernement ne recrute pas assez dans la fonction publique. Du coup, on peine  à faire confiance aux établissements de l’Etat." 

"Moi j’accuse le gouvernement car ce n’est pas possible dans une capitale comme Bangui de recourir à des parents pour enseigner. Dans les établissements publics, à chaque fin du mois, les élèves doivent payer 100F et les parents préfèrent envoyer leurs enfants dans les établissements privés parce que dans le public, il y a une éducation au rabais."

En 2020 par exemple, Faustin Archange Touadera avait promis 2000 nouvelles écoles. Mais le secteur reste dépendant aux financements extérieurs, ce qui limite l'autonomie de l’école, même si quelques campus additionnels ont été construits à l’université de Bangui.

USA New York 2018 | Faustin-Archange Touadéra bei den Vereinten Nationen
Image : Michael Brochstein/ZUMA/IMAGO

La corruption gangrène l'école

Autre phénomène : la montée de la corruption qui désespère les étudiants.

"Pendant l’évaluation, on a tendance à voir que les professeurs donnent des bonnes notes aux étudiants moyens qui ont de l'argent au lieu d’en donner aux plus méritants."

"Pour avoir le BTS, il faudrait que tu mettes quelque chose parce que c’est dur d’avoir le BTS. Et on a beaucoup d’universités privées mais ce ne sont pas tous les étudiants qui composent le BTS, parce qu’eux-mêmes ils écoutent que pour composer le BTS ce n’est pas facile, il faudrait qu’au moins que tu aies l’argent pour composer le BTS."

Le système éducatif centrafricain sous Touadéra (audio)

Financements extérieurs

Si l’éducation se maintient, c’est aussi grâce à la Banque mondiale. Plusieurs enseignants sont payés par cette institution financière. Mais le paiement de leur frais relève du parcours du combattant et les enseignants s’en plaignent.

"La modalité de notre paiement n’est pas favorable, raison pour laquelle nous sommes ici pour l’exprimer au ministère de l’Education nationale ainsi qu’au gouvernement. Nous avons pas mal de difficultés à la maison, on ne paie pas nos loyers, on renvoie nos enfants de l’école et cela nous pose beaucoup de problèmes".

L’éducation en Centrafrique se heurte encore à la défiance vis-à-vis des établissements du pays. 
Conséquences : les Centrafricains qui le peuvent préfèrent envoyer plus leurs enfants étudier à l’étranger ou dans le secteur privé tandis que le nombre des étudiants étrangers qui fréquentent l’Université de Bangui est en nette régression.