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Au Mali, il y a 35 ans, l’avènement de la démocratie

26 mars 2026

Le 26 mars 1991, une révolution populaire renversait le général Moussa Traoré, mettant fin à sa dictature au Mali. Trois décennies après, le pays semble revenir à la case départ.

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Mali Bamako 2023 | Le président Assimi Goita au milieu et ses gardes
Le Mali est dirigé par des militaires depuis deux coups d'Etat, en 2020 et 2021. Les militaires ont pris des mesures répressives contre la presse et les voix critiques. Ils ont également dissous les partis politiques et des organisations à caractère politique.Image : AP Photo/picture alliance

En effet, la 35e commémoration de l'avènement de la démocratie au Mali se déroule dans un contexte politique tendu, marqué par le régime militaire en place depuis 2020, dirigé par le général Assimi Goïta.

Entre restrictions politiques et inquiétudes pour la liberté de la presse, cette date symbolique ravive les débats sur l'avenir démocratique du pays.

Un climat politique verrouillé

Depuis la dissolution, en mai 2025, des partis politiques et des associations à caractère politique, les activités politiques sont suspendues. Les autorités de transition présentent cette mesure comme préventive, visant à « assainir » l'espace public et à contrer toute tentative de déstabilisation.

Dans les faits, le pays traverse une nouvelle période marquée par l'absence de démocratie et une restriction des libertés politiques.

Mali | Le général Assimi Goïta
Le Mali, dirigée par le général Assimi Goïta, s'était engagée à remettre le pouvoir aux civils au plus tard en mars 2024, mais a depuis manqué à cette promesse. Image : Ken Ishii/POOL/AFP

Une presse sous pression

Dans ce contexte, les journalistes exercent dans des conditions de plus en plus difficiles et constatent une dégradation continue de la situation.

"Ce qui est constant, c'est que la presse a eu un rôle à jouer, a été impliquée, a été aidée. Malheureusement, on voit une érosion des acquis de mars 91, depuis l'avènement de la transition. D'ailleurs, il n'y a plus d'aide à la presse depuis et la presse est de plus en plus confinée dans un rôle que tout le monde voit. C'est à peine si on fait cas de la presse", a déploré Alexis Kalembry, directeur de publication de Mali Tribunes.

Du côté des anciens partis politiques, peu de réactions émergent, mais certains évoquent « un contexte sombre pour la démocratie malienne ».

Mali Bamako 03.05.2025 | Manifestation pour le retour à l'ordre constitutionnel au Mali
Le 03 mai 2025, des centaines de personnes ont défilé à Bamako pour exiger la fin de la transition et le rétablissement d'un gouvernement élu.Image : AFP

Une démocratie en suspens

Pour Seydou Diawara, proche des autorités, la dissolution des partis ne signe pas la fin du processus démocratique :

"Au cours de la gestion des présidents élus démocratiquement, nous avons senti la mainmise de certaines puissances sur nos ressources, après leur implication dans l'élection du candidat de leur choix. C'est ce système qui est aujourd'hui révolu, sur la base des recommandations des assises nationales, d'où la dissolution des partis politiques. La démocratie n'est pas derrière nous, elle renaîtra de ses cendres, une fois que le pays retrouvera sa stabilité d'antan", a-t-il déclaré.

La journée sera marquée par un dépôt de gerbes du général Assimi Goïta au monument des martyrs de la révolution de mars 1991, un symbole fort dans un contexte incertain.