Du 11 au 18 avril 2026, Abidjan, la capitale économique de la Côte d'Ivoire, vit au rythme du Marché des Arts du Spectacle Africain (MASA). Théâtre, musique, conte ou danse : les scènes se succèdent et attirent artistes, producteurs et programmateurs venus de toute l’Afrique et d’ailleurs.
Bien plus qu’un festival, le MASA s’impose comme une plateforme stratégique pour les industries culturelles africaines.
Une vitrine décisive pour les artistes
Pour les artistes, chaque passage sur scène est une carte à jouer. La conteuse et comédienne burkinabè Rebecca Compaoré est venue en repérage à l’Institut français d’Abidjan pour préparer un futur spectacle.
Elle témoigne des retombées concrètes du MASA : "On a eu des tournées au Mexique, en France, en Allemagne, grâce au MASA. Quand on arrive ici, on vient pour se vendre, donc on espère qu’on sera acheté."
Même constat pour Nash, artiste ivoirienne, programmée au Palais de la culture de Treichville. "C’est un marché, un événement où on vient vendre son talent, faire des rencontres, avoir des formations. C’est important pour nous parce qu’on est artistes", explique-t-elle.
Un marché culturel à fort impact économique
Derrière l’effervescence artistique, la pression est palpable. En quelques minutes, une carrière peut basculer. Pour Joshlain Koné, responsable du MASA Lab, l’édition 2026 marque un tournant : "On a plus de 300 programmateurs cette année. Plus de 2000 artistes invités et toute la capitale économique est au Palais de la culture. C’est un événement majeur."
Le MASA est aussi un espace de négociations et de professionnalisation. Spectateurs et visiteurs saluent la qualité des prestations. "Ce que nous avons vu demande des mois, parfois des années de travail. C’était vraiment émouvant", confie Salie Manssoura, spectatrice.
Venu de Tunis, Adlen insiste sur la dimension internationale : "Chaque pays doit être là pour voir d’autres mondes et améliorer son travail."
Soutenu par l’État ivoirien, l’événement est présenté comme un levier d’employabilité. La ministre de la Culture, Françoise Remarck, rappelle que "la culture crée de la valeur, détecte de jeunes talents et permet de donner des revenus décents aux artistes".
Avec 300 spectacles programmés, 2000 artistes sur scène et 600.000 visiteurs attendus, le MASA 2026 confirme la place d’Abidjan comme capitale africaine des arts vivants et comme tremplin incontournable pour la création du continent.