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Au Cameroun, les candidats peinent à financer leur campagne

Mahamadou Abdoulkarim
2 octobre 2025

La campagne électorale pour la présidentielle a débuté le 27 septembre au Cameroun. Les candidats bénéficient d’un montant versé par l'Etat jugé dérisoire.

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Elecam est la structure chargée d’organiser les élections au Cameroun (09.09.2011)
Au-delà des affiches, des meetings et des promesses, une question demeure : d’où viennent les moyens financiers des candidats et comment sont-ils encadrés par la loi ?Image : DW

La campagne pour le scrutin présidentiel camerounais est lancée et pendant deux semaines, les candidats vont parcourir le pays, mobiliser leurs militants, produire des spots publicitaires et tapisser les rues de banderoles. 

Tout cela a un coût, parfois colossal. Mais d’où vient l’argent ? Dans la pratique, le financement de la campagne électorale repose essentiellement sur deux sources : les fonds propres des candidats et les contributions de leur parti politique, souvent alimentés par des cotisations militantes ou le soutien de sympathisants.

Chaque candidat camerounais à l'élection présidentielle perçoit ainsi 15 millions de francs CFA, soit environ 23 000 euros. Une seconde tranche de 15 millions francs sera versée, après le 12 octobre, aux candidats qui auront recueilli au moins 5 % des suffrages.   

L’analyste politique camerounais Stéphane Akoa explique sur la DW que "pour l’essentiel, les fonds mobilisés par les candidats pour leur campagne électorale proviennent des ressources qu’ils sont capables de collecter, soit en bénéficiant de dons de supporters, d’entreprises et d’associations qui collectent pour eux des sommes qu’ils leur reversent, soit, quand ils ont une base relativement importante, une base électorale consistante, des cotisations des membres de leurs partis politiques respectifs".   

Au Cameroun, les partis ne se battent pas à armes égales

Manque de transparence  

Au-delà de la légalité, c’est la transparence qui pose un problème. Le flou sur l’origine de certains financements alimente régulièrement les critiques. Stéphane Akoa fait remarquer que "la seule contrainte, en termes de transparence, est celle qui se rapporte au financement public. Donc ceux qui l’ont obtenu sont obligés de rendre des comptes de la façon dont ils ont dépensé l’argent qu’ils ont reçu de l’Etat pour faire campagne et donc ils sont tenus aux règles de la comptabilité publique"

En clair : il n’y a aucun contrôle sur la quasi-totalité des fonds des partis politiques qui proviennent essentiellement des dons privés et des cotisations.      

Dès lors, au Cameroun, les partis ne se battent pas à armes égales. Le parti présidentiel, le RDPC, bénéficiant de dons individuels qui peuvent se chiffrer en plusieurs centaines de millions de francs CFA. Ceci sans transparence ni traçabilité.

Mobilisation des moyens de l’Etat 

Le président camerounais Paul Biya participe au Forum de Paris sur la paix, en France, le 12 novembre 2019
Absent du pays depuis quelques jours, Paul Biya est rentré le 01 octobre pour la campagne électorale Image : Charles Platiau/REUTERS

Moussa Njoya, est un autre analyste politique camerounais et il souligne aussi les services de l’Etat, dont bénéficie le président candidat.  

 "Vous avez la mobilisation des moyens de l'Etat par le candidat du RDPC, à travers notamment le cabinet civil qui mobilise des moyens colossaux qui se chiffrent en milliards. Mais là où l'asymétrie est fondamentale, c'est au niveau des contributions des particuliers au profit du candidat du RDPC. Ce qui rend difficilement chiffrable le montant de la campagne du président de la République au Cameroun." 

 Alors que les Camerounais se préparent à voter, la bataille des idées risque bien d’être éclipsée par la bataille des moyens. Dans ce scrutin 2025, plus que jamais, l’issue pourrait dépendre moins des programmes que de la puissance financière des candidats.