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Mort d'Anicet Ekane à Yaoundé : son parti dénonce un meurtre

2 décembre 2025

L'opposant camerounais Anicet Ekane, figure emblématique de la lutte pour la démocratie et fondateur du Manidem est mort en détention dans des circonstances encore non élucidées. Son parti parle d’assassinat.

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Anicet Ekane, président du MANIDEM, est décédé dans la nuit du 1er décembre à Yaoundé
Anicet Ekane avait été interpellé le 24 octobre dernier à Douala. Il était depuis en détention dans les cellules du secrétariat d'État à la Défense à Yaoundé.Image : AFP

Le Cameroun s'est réveillé le 1er décembre, avec la nouvelle du décès de l'opposant Anicet Ekané 74 ans.

Au Mouvement africain pour la nouvelle indépendance et la démocratie (MANIDEM), parti politique qu'il avait créé en 1995, la triste nouvelle est tombée comme un couperet.

Lisez ou écoutez Valentin Dongmo, vice-président du Manidem, au micro de Henri Fotso, notre correspondant à Douala.

"C'est une tentative d'assassinat" (Valentin Dongmo)

Valentin Dongmo : Le président Anicet a été happé le 24 octobre et gardé en captivité dans les cellules du SED (Secrétariat d'Etat à la Défense, ndlr) à Yaoundé, dans des conditions inhumaines. Certainement, ils avaient déjà arrêté la mort du président. Vous connaissez l'épisode de son extracteur d'oxygène?

DW : Son extracteur d'oxygène jusqu'à sa mort ne lui a pas été rétrocédé ? 

Quand j'interpelle le président en début de soirée, l'extracteur est dans la voiture. Le président réclame ensuite son extracteur, on ne lui donne pas. 

Ils l'amènent à Yaoundé dans ces conditions. Et vous imaginez l'axe Douala-Yaoundé, c'est au moins sept heures de voyage avec des nids d'éléphants partout. Donc, c'est dans ces conditions qu'ils l'ont amené à Yaoundé.

Les avocats d'Anicet Ekane de défense sont allés à la prison centrale de New Bell, où est gardée injustement le chauffeur d'Anicet pour lui demander où se trouvait l'extracteur.

Le gars a dit l'extracteur est à la gendarmerie. Les avocats se sont rendus à la gendarmerie où le colonel les a éconduits. 

C'est suite à cela que le 15, ils ont introduit de façon officielle une lettre à la Légion pour réclamer cet extracteur de façon officielle. Il parait que l'extracteur a été remis à notre président il y a quelques jours, peut être vendredi ou samedi.

DW : Et dans quelles circonstances il décède ? 

Quand vous prenez un malade et vous confisquez ce médicament, un appareil vital, ça s'appelle comment ? C'est une tentative d'assassinat ! Les camarades étaient au siège samedi. Ils ont vu le président. Le dimanche, le président était là. Il a même blagué avec eux. Et dans la nuit de dimanche, nous avons insisté, nous avons demandé que le ministère de la Défense puisse référer le président Ekane au CHU, qui a un plateau technique adéquat, qui pouvait subvenir à ses besoins. Ils ne l'ont pas fait. C'est un assassinat !

Vue arienne sur un carrefour de Douala la nuit
Henri Fotso Correspondant au Cameroun pour le programme francophone de la Deutsche Welledwfrancais