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Redéploiement des armées ougandaise et congolaise à Lubero

Pascal Mapenzi
17 décembre 2025

Dans la province du Nord-Kivu, les armées de l'Ouganda et de RDC renforcent leur présence pour les fêtes de fin d'année.

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 Oicha 2025 | Patrouille de soldats à Oicha, territoire de Beni (illustration)
Les armées congolaise et ougandaise effectuent des patrouilles dans les localités touchées par des attaquesImage : Shi Yu/Xinhua/picture alliance

Dans l'est de la République démocratique du Congo, les armées congolaise et ougandaise renforcent leur présence dans le territoire de Lubero, dans la province du Nord-Kivu.

L'objectif de ce redéploiement conjoint est de protéger les populations civiles contre d'éventuelles attaques rebelles pendant les fêtes de fin d'année. Ce renforcement survient après une série d'attaques attribuées aux rebelles des Forces démocratiques alliées (ADF) dans plusieurs localités du territoire de Lubero.  

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"Sécuriser les agglomérations"

Plusieurs témoins affirment avoir constaté, depuis près d'une semaine, un renforcement des effectifs de l'armée congolaise et des troupes ougandaises dans des villages du secteur de Bapere, dans le territoire de Lubero. Le porte-parole de l'armée dans la région confirme l'information, sans toutefois préciser le nombre de militaires déployés.

Selon le lieutenant Marc Elongo, il s'agit de "sécuriser les agglomérations tout en poursuivant la traque des rebelles en profondeur, dans le cadre des opérations Shujaa menées conjointement par les deux armées".

Depuis 2021, la RDC et l'Ouganda ont décidé de mutualiser leurs forces pour neutraliser les groupes armés actifs dans l'est du pays.

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Attaques contre des civils

Toutefois, tout au long de l'année 2025, les attaques des rebelles ADF se sont particulièrement concentrées autour de la zone minière de Manguredjipa, provoquant des déplacements massifs de populations et l'abandon de nombreux villages.

D'après les chiffres de la société civile locale, plus de 2 600 civils ont été tués entre juin 2024 et novembre 2025.

Le fonctionnaire délégué du gouverneur dans la zone, Julio Monga, espère que ce renforcement militaire permettra de protéger les populations durant les fêtes de fin d'année.

"Des positions militaires ont été implantées pour permettre à la population de vaquer librement aux travaux champêtres. La population est en souffrance totale. Nous recommandons aux FARDC d'entrer plus en profondeur dans le secteur de Bapere afin d'obtenir des résultats concrets".

Ce redéploiement des forces concerne principalement les localités situées le long de l'axe routier Butembo–Manguredjipa, dans la province du Nord-Kivu. Des zones qui se sont, pour la plupart, vidées de leurs habitants à la suite des violences armées de ces derniers mois.

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"La paix est un droit"

Blaise Kalisya, membre de la société civile locale, y voit une réponse aux revendications de la société civile.

"Le déploiement de nouvelles unités redonne de l'espoir à la population. Mais ces forces ne seront efficaces que s'il y a une bonne coordination entre les UPDF (armée ougandaise), les FARDC (armée congolaise) et les Wazalendo. Nous voulons que la population puisse passer cette période dans la stabilité. La paix n'est pas une faveur, c'est un droit pour tous les citoyens".

La dernière attaque attribuée aux ADF remonte au 15 novembre dernier. Elle avait ciblé un hôpital à Byambwe, où 18 patients, dont des femmes qui venaient d'accoucher, avaient été tués.

Depuis lors, plusieurs écoles peinent à reprendre leurs activités et des dizaines de structures de santé restent fermées, en raison de l'insécurité persistante causée par la rébellion d'origine ougandaise, les ADF.

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