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Des violences en territoire de Masisi malgré la trêve

21 novembre 2025

Dans l'est de la RDC, des affrontements ont de nouveau opposé l'armée à l'AFC-M23, dans la localité de Katoyi. Pourtant, les belligérants s'étaient engagés sur un accord de cessez-le feu.

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RDC Goma 2025 | Une femme déplacée dans un camp de fortune (février 2025)
La population civile demande la fin des combatsImage : Moses Sawasawa/AP Photo/dpa/picture alliance

Au lendemain de la signature, à Doha, au Qatar, d'un accord-cadre prévoyant un cessez-le-feu bilatéral entre le gouvernement congolais et les rebelles du M23, la situation reste explosive dans l'est de la RDC

Depuis cette date, le cessez-le-feu censé entrer immédiatement en vigueur est régulièrement violé, et chaque camp accuse l'autre d'être responsable de la reprise des hostilités.

Ce jeudi encore, de violents affrontements ont opposé l'armée congolaise aux rebelles de l'AFC-M23, dans la localité de Katoyi, en territoire de Masisi.

Qatar Doha 2025 | poignée de main entre Sumbu Sita Mambu, le représentant de la RDC, et le secrétaire exécutif du M23 Benjamin Mbonimpa
L'accord de Doha était censé ramener le calme dans l'est de la RDCImage : Mahmud Hams/AFP

La fumée des combats

À Katoyi, la fumée des combats plane encore. Ce matin, la ligne de front a de nouveau été secouée par des combats entre les FARDC, l'armée congolaise, soutenue par les milices wazalendo, et les rebelles de l'AFC-M23.

Pourtant, depuis le 15 novembre, un cessez-le-feu bilatéral est censé être en vigueur, dans le cadre de l'accord-cadre signé à Doha.

Katoyi 2025 | AFC-M23 recrutement de jeunes enfants soldats par Juvénal Shimimana (octobre 2025)
A Katoyi, non loin de Goma, l'AFC-M23 continuait fin octobre à recruter des enfants-soldatsImage : Jospin Mwisha/AFP

Mais sur le terrain, ce cessez-le-feu n'a jamais tenu plus de quelques jours.

Victimisation et légitimation

Ce jeudi, devant la presse, l'AFC-M23 a une nouvelle fois pointé du doigt les FARDC. Selon son secrétaire permanent, Benjamin Mbonimpa, le mouvement rebelle ne ferait que "se défendre et protéger les populations civiles".

Une déclaration qui ne convainc pas Joseph Bulabula, cadre du parti présidentiel UDPS.

Pour lui, le discours du M23 relève d'une stratégie bien connue : celle de la victimisation et de la légitimation.

"Lorsqu'un groupe armé affirme défendre et protéger la population, cela, à mon avis, fait généralement partie des stratégies de légitimation de ses opérations, analyse Joseph Bulabula. Ça ne passe pas comme ça. Du côté de Kinshasa, la position reste claire : le gouvernement et la communauté internationale savent que l'AFC-M23 est à la base des violations du cessez-le-feu. Kinshasa ne fait que répondre aux provocations orchestrées par les rebelles."

Pendant que les protagonistes se renvoient les accusations, la population, elle, dit ne plus supporter cette instabilité.

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Les souffrances des civils

À Goma, Anne-Marie Bifuko exprime sa fatigue et espère que les deux parties vont enfin revenir à la raison : "Le premier signe qui montrerait que les deux parties veulent vraiment la paix, serait qu'ils respectent d'abord le cessez-le-feu. Parce que nous assistons à un jeu de ping-pong. Le gouvernement dit toujours que c'est le M23 qui viole le cessez-le-feu, le M23 dit toujours que c'est le gouvernement qui viole le cessez-le-feu. Alors que nous, en tant que population, on veut juste la fin de la guerre."

Pourtant, dans les huit protocoles de l'accord-cadre de Doha figure la création d'un mécanisme indépendant de vérification des violations du cessez-le-feu.

Un mécanisme censé établir clairement les responsabilités, mais dont la mise en place tarde, alors que les combats, eux, se poursuivent.