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ConflitsRussie

Guerre en Ukraine : focus sur les combattants africains

12 février 2026

Le collectif d'investigation All Eyes On Wagner révèle dans un rapport l'existence d'une liste de ressortissants africains recrutés pour combattre aux côtés de l'armée russe dans la guerre en Ukraine.

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Statuts tenant des armes
Des Africains sont recrutés par la Russie pour combattre en Ukraine.Image : BARBARA DEBOUT/AFP/Getty Images

Intitulé « Le Business du désespoir », le rapport présente une première base de données avec 1 417 noms. Elle mentionne, pour chaque personne, le nom complet, la date de naissance, un matricule militaire, la date de signature du contrat en Russie et la nationalité. 

Un second fichier, plus lourd encore, dresse la liste des combattants morts au front. On y retrouve les identités, les dates de décès enregistrées, le nombre de mois passés sous contrat, ainsi que les unités d'appartenance.

Selon les auteurs, cette publication vise aussi à permettre aux familles restées sans nouvelles de leurs proches d'accéder à des informations jusqu'ici difficiles à vérifier.

Lou Osborn, membre du collectif All Eyes On Wagner revient sur les enjeux de cette enquête et ses implications. 

Ecoutez ou lisez l'interview de la DW avec Lou Osborn.

 

Lou Osborn : On voit dans ce rapport qu'en fait c'est un phénomène qui est quand même massif puisque il y a plus d'une trentaine de pays qui sont touchés.On voit dans certains pays comme le Cameroun par exemple, qu'il y a aujourd'hui une hémorragie de personnes qui partent combattre en Russie, puisqu'on voit leurs noms apparaître sur notre liste.

Et en fait, on s'est rendu compte que autour de ce recrutement, pour aller combattre à la guerre ou pour rejoindre l'industrie de défense sur par exemple, la zone industrielle d'Alabuga, en fait, il s'est construit tout un écosystème d'organisations, de réseaux qui permettent le recrutement des gens et la facilitation de leur voyage vers la Russie.

"Une majorité des gens se retrouvent à combattre"

DW : Quelles régions africaines paraissent comme les plus exposées ou les plus ciblées par ces réseaux de recrutement?

Lou Osborn : Oui. Alors en fait, on a une liste qui a priori n'est pas une liste exhaustive.On pense qu'il y a beaucoup plus. Dans la liste qu'on a on voit particulièrement le Cameroun qui est très exposé, le Ghana également et l'Egypte.

DW : Et quels facteurs expliquent cela? Est-ce que ces sont des facteurs économiques, migratoires ou politiques?

Lou Osborn : Alors nous, on a pu parler à certains combattants qui sont actuellement en Russie.On a regardé comment les offres d'emploi ou pour rejoindre l'armée sont présentés.

Et ce qui ressort quand même, c'est en fait, c'est une combinaison de facteurs.Donc, la première chose, c'est un facteur évidemment économique, avec la perspective de gagner mieux sa vie, d'obtenir un passeport, d'obtenir des conditions qui sont favorables et pour la personne et pour sa famille.

Et ça, c'est vraiment important. Et aujourd'hui, la Russie utilise ça pour renvoyer une image très positive, très belle des opportunités qu'elle présente.

Mais en fait, une majorité des gens se retrouvent à combattre et malheureusement, on a aussi les temps de survie sur le champ de bataille et ce sont des temps très courts.

Vue aérienne sur Lomé
Noël Tadégnon Correspondant au Togo pour le programme francophone de la Deutsche Welletadegnon