La nécessité de l'enregistrement des naissances
20 novembre 2025
Au Tchad, le taux d'enregistrement des naissances est l'un des plus faibles au monde, à peine 28% selon l'Unicef. Quelles sont les raisons qui expliquent ce faible taux et que fait l'Etat Tchadien pour trouver solution à cette situation ?
Selon les données de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANATS), institution chargée de l'état civil au Tchad, sur plus de 623 000 enfants en âge scolaire sans acte de naissance recensés en 2023, seulement 53 000 enfants ont été enregistrés en juin 2025. Et ce, grâce à l'appui de l'Organisation internationale de la francophonie qui a permis l'installation des points d'enregistrement des naissances dans certains hôpitaux.
Remédier au manque d'information
Luc Ndoletar, chargé de programme développement à l'association pour la Promotion des libertés fondamentales au Tchad, expllique que "beaucoup de parents ignorent les démarches à suivre ou encore l'importance juridique de l'acte de naissance".
Il y a également une insuffisance des bureaux d'état civil dans certaines zones rurales, ajoute Luc Ndoletar : "À l'heure actuelle les centres d'état civil se limitent seulement aux communes, il n'y a pas de centre d'état civil dans les cantons et les villages pour permettre aux parents d'enregistrer automatiquement les naissances. À ces conséquences il faut aussi ajouter les coûts directs et indirects liés à la déclaration de naissance des enfants. Bien que la loi prône la gratuité dans l'enregistrement d'acte de naissance des enfants mais il y a des parents qui continuent toujours par payer les frais pour l'obtention des actes de naissance de leurs enfants ou le transport qu'il faut d'un village à un centre d'état civil."
Pas d'existence officielle sans acte de naissance
Pour Nancy Ndal-Lah, fondatrice de Hope for Kids, une organisation nationale engagée pour les droits des enfants au Tchad, ne pas enregistrer un enfant est grave puisque cela revient à le priver de ces droits fondamentaux, entre autres l'accès à l'éducation, à la justice et à la citoyenneté.
"Une enfant qui n'a pas d'acte de naissance est un enfant qui n'existe pas aux yeux de la loi. C'est un enfant qui est privé de ses droits essentiels. Et ce n'est vraiment pas normal qu'à ce siècle, en 2025, il y ait 63 % d'enfants non enregistrés. Cela pose un vrai problème de planification et de développement.
Lorsque nous ne savons pas de manière exacte le nombre de notre population nous ne serons pas en mesure de faire des planifications qui répondent à tous leurs besoins. Et donc nous devons faire de l'enregistrement de naissance des enfants une priorité."
Dans les mois à venir, les autorités tchadiennes, en collaboration avec l'Organisation internationale de la francophonie, espèrent pouvoir enregistrer plus de 65 000 autres enfants non déclarés.