Les ressortissants du Burkina Faso, du Mali, du Niger et du Sud-Soudan notamment, sont désormais interdits d'entrée aux États-Unis. Le président américain, Donald Trump, vient d’imposer de nouvelles restrictions et interdictions d’entrée aux Etats-Unis, aux ressortissants de plusieurs pays, dont des Etats africains.
Les ressortissants de l’Angola, du Bénin, de la Côte d'Ivoire, du Gabon, de la Mauritanie, du Nigeria et du Sénégal, font l'objet de restrictions partielles.
La Maison Blanche a déclaré que ces restrictions visaient à "protéger la sécurité des États-Unis" et qu'elles entreraient en vigueur le 1er janvier prochain.
L’analyse de Gnaka Lagoke, maître de conférences en études panafricaines et en histoire à Lincoln University, Oxford, Pennsylvanie aux Etats-Unis. Cliquez sur l'image.
Gnaka Lagoke : Le président américain Donald Trump a été constant. Il a appelé les pays africains, pays de merde quand il était président pour la première fois. Et aussi, il a souhaité encourager l'émigration de l'Europe vers les États-Unis, d'une catégorie d'êtres humains qui sont en fait, qui sont des Blancs. Par rapport à l'Afrique, on ne peut pas comprendre toute la logique, mais je pense que c'est par rapport à sa conception de l'Afrique qui serait pour lui un continent de pays de merde. Et c'est dans cette logique-là qu’il se situe.
DW : Mais l'administration Trump parle de raisons de sécurité. Donc il y a eu toutes ces restrictions imposées à des pays comme le Mali, le Burkina, le Niger et autres.
Gnaka Lagoke : En quoi est ce que ces pays-là seraient une menace pour la sécurité nationale des États-Unis. ? C'est un argument qui ne tient pas. Il y a aussi la Côte d'Ivoire, le Sénégal le Bénin aussi le Nigeria et la Côte d'Ivoire., Je ne crois pas, sur la base des informations que nous avons, que le Sénégal, par exemple, le Togo, la Côte d'Ivoire, et puis maintenant les États du Sahel, que les ressortissants de ces pays-là, soient des menaces pour la sécurité nationale des États-Unis.
DW : Parmi les griefs portés par l'administration Trump envers ces pays, il y a le fait que les ressortissants de ces pays fournissent souvent de faux documents, ou même les séjours sur le sol américain sont souvent prolongés, vont au-delà même des délais accordés sur les visas.
Gnaka Lagoke : Il y a plus de 11 millions d'immigrés illégaux aux États Unis, c'est à dire des gens qui n'ont pas les papiers. Vous verrez que les Africains ne représentent pas un pourcentage assez élevé. Mais, quand Donald Trump cible les pays africains, je dis que cela obéit à la logique qu'il a de l'Afrique en disant que c'est un continent de pays de merde. Donc, il trouve des arguments pour justifier le fait qu'il veuille réduire la présence des Africains aux États-Unis, mais pendant ce temps lui-même dans les déclarations publiques, il a souhaité qu'il y ait des gens qui viennent d'un certain nombre de pays européens pour les États-Unis. Donc, ce n'est pas parce qu'il y a des gens qui ont fait des fraudes sur leurs papiers ou bien qui ont prolongé leur visa ou qui n'étaient plus à jour, que Donald Trump doit mettre l'anathème et l'opprobre sur tout le continent africain et sur tous ces pays-là.
DW : Est-ce qu'on peut parler de racisme de Donald Trump envers les Africains, lui qui accuse l'Afrique du Sud par exemple, de racisme envers les blancs sud-africains ?
Gnaka Lagoke : Le président Donald Trump, on sait d'où il vient, les gens qui le soutiennent. On les appelle les nationalistes blancs. C'est ça la réalité aussi. Même s'il y a des gens de divers groupes qui le soutiennent pour des raisons diverses, mais la base, c’est cette catégorie de blancs qui estiment qu'il y a un péril de survivance de la race blanche. C'est ce que Donald Trump symbolise. Et donc quand il dit par exemple que l'Afrique du Sud est un territoire où les blancs, les Afrikaners sont exterminés, il n'y a que lui seul qui croit en cela. Même la plupart des médias occidentaux qui souvent trempent leur plume dans l'encre du racisme pour parler de l'Afrique, la plupart de ces médias n'ont pas été d'accord avec lui. Quand il met par exemple l'Autorité palestinienne là-dedans, tout le monde sait que c'est par rapport à sa proximité avec Israël. Quand il ne met pas par exemple, la RDC dans ce registre, c'est parce qu’il y a l'accord qu'il a supervisé entre la RDC et le Rwanda, et dans sa logique, l'Amérique aura la possibilité de faire main basse sur les minéraux particuliers de la République démocratique du Congo.