Une mission de haut niveau de la cédéao attendue à Bissau
1 décembre 2025
Mathias Hounkpé: La CEDEAO a été ces dernières années un peu affaiblie par sa manière de gérer les interruptions des processus démocratiques dans les pays de la sous-région.
Cet affaiblissement constitue le premier obstacle que la CEDEAO devra vaincre, même si le cas de la Guinée-Bissau est tellement spécifique qu' il permet une sorte de marge de manœuvre à la CEDEAO. Moi, je peux vous dire que l'idéal serait d'amener les militaires à accepter la proclamation des résultats, puisque le processus électoral était terminé, puisque personne n'avait rien à reprocher aux élections.
La preuve, même dans les justifications de l'intervention des militaires, ils n'ont pas mentionné les élections en tant que telles.
Il est possible également, selon la manière dont les débats vont évoluer, que la CEDEAO accepte un délai plus limité que celui demandé par les militaires pour réorganiser les élections.
DW: Après Dakar, le président déchu Umaro Sissoco Embalo est arrivé samedi à Brazzaville. Pourquoi selon vous cette destination?
Mathias Hounkpé: La première raison et peut être la raison principale, c'est sa proximité avec le président congolais Denis Sassou-Nguesso, qui ne date pas d'aujourd'hui.
Le deuxième élément, c'est qu'au fond, de façon très rapide, ça devenait évident qu'il ne pouvait pas rester au Sénégal parce que déjà à la tête de l'État, on avait une sorte de division de position par rapport à ce qui s'était passé en Guinée-Bissau.
Le Sénégal a déjà donné la preuve par le passé. Quand vous créez des situations compliquées dans votre pays, le Sénégal fait partie des pays où les citoyens peuvent sortir et manifester pour demander que vous ne cherchiez pas refuge chez eux. Donc, je pense que c'était difficile pour lui de rester au Sénégal.