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Nigeria endeuillé par une nouvelle attaque meurtrière

Mahamadou Saley
6 février 2026

Le Nigeria a de nouveau vu sa situation sécuritaire se dégrader cette semaine, entre une attaque meurtrière dans l’État de Kwara et la libération d’otages chrétiens dans le nord du pays.

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Nigeria Woro 2026 | Les dégats après l'attaque
Nigeria Woro 2026 | Les dégats après l'attaque. Au moins 160 morts.Image : Pelumi Salako/AP Photo/picture alliance

89 otages chrétiens, enlevés en janvier lors d’attaques contre des églises, ont été libérés dans le nord du Nigeria. Ils ont été accueillis ce jeudi (05.02.2026) par le gouverneur de l’État de Kaduna après plusieurs semaines de captivité, suscitant un soulagement parmi leurs proches et les autorités. Mais ce répit a été de courte durée.

Pour cause, une attaque d’une extrême brutalité a coûté la vie à plus de 160 civils dans le village de Woro, dans l’État de Kwara. Les violences, commises dans la nuit de mardi à mercredi, n’ont été rendues publiques que ce vendredi. Elles ont été attribuées à des groupes djihadistes par le président nigérian Bola Ahmed Tinubu et plusieurs experts.

Ces événements illustrent la persistance d’une crise sécuritaire profonde, malgré le renforcement des opérations militaires.

Plus de 160 morts dans une attaque à Woro

Le 4 février, le village de Woro, dans l’État de Kwara (centre-ouest), a été la cible d’une attaque attribuée à des hommes armés. Le dernier bilan fait état de 162 morts, un chiffre en forte hausse par rapport aux premières estimations qui évoquaient une trentaine de victimes.

Selon des sources locales citées par l’AFP, de nombreux habitants ont été abattus alors qu’ils tentaient de fuir. Plusieurs commerces ainsi que le palais royal ont été incendiés, et le chef traditionnel du village était introuvable au moment des faits.

Si les premiers éléments pointaient vers des bandits armés, le président Bola Ahmed Tinubu a finalement attribué l’attaque aux djihadistes de Boko Haram, une version contestée par certains observateurs. Le gouverneur de l’État, AbdulRahman AbdulRazaq, a dénoncé une « manifestation lâche » de groupes terroristes confrontés à la pression des forces de sécurité.

Nigeria Kwara 2026 | Les dégats après les attaques
Nigeria Kwara 2026 | Les dégats après les attaques. Des débris calcinés et des maisons endommagées. Les États-Unis ont condamné l'assaut qui a fait plus de 160 morts.Image : Emmanuel Osodi/Anadolu/picture alliance

Libération de 89 otages chrétiens

Au lendemain de l’attaque, les autorités ont déployé des renforts militaires dans la zone. Une réponse jugée tardive, mais destinée à rassurer des populations profondément traumatisées. Cette attaque s’inscrit dans un contexte de violences persistantes visant principalement des civils, en particulier dans les régions du nord et du centre du pays.

Dans le même temps, les autorités ont annoncé la libération de 89 otages chrétiens, enlevés à la mi-janvier lors d’attaques coordonnées contre trois églises dans le nord du Nigeria. Ces enlèvements avaient porté à 183 le nombre total de personnes kidnappées.

Selon le gouverneur de l’État de Kaduna, Uba Sani, onze otages avaient réussi à s’échapper, tandis que 83 avaient été libérés quelques jours plus tôt. Les conditions de la libération n’ont pas été précisées, bien que le paiement de rançons soit régulièrement évoqué dans ce type d’affaires.

Une crise sécuritaire persistante

Face à la recrudescence des attaques et des enlèvements, le président Tinubu avait décrété, fin novembre, un état d’urgence sécuritaire, accompagné d’un renforcement des effectifs militaires et policiers. Le pays bénéficie également d’un soutien extérieur, notamment américain, dans la lutte contre les groupes armés.

Malgré ces efforts, l’identité exacte des auteurs reste floue, entre banditisme armé et violence djihadiste. Pour de nombreux analystes, les interventions militaires, bien que nécessaires, peinent encore à produire des résultats durables, dans un contexte sécuritaire toujours extrêmement fragile.

 

Mahamadou Saley Correspondant DW Maradi