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Nigeria : des établissements chrétiens cibles de violences

Jean-Noël Ba-Mweze | Avec agences
21 novembre 2025

Si les attaques visent les chrétiens et les musulmans au Nigeria, de récentes attaques pourraient alimenter la rhétorique de Donald Trump sur la "persécution des chrétiens".

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Des instruments et une chaise renversée dans une église à Eruku.
Le président nigérian Bola Tinubu a annulé ses déplacements internationaux et placé les forces de sécurité du pays en alerte maximale. Image : Abdullahi Dare Akogun/REUTERS

Les attaques terroristes se multiplient au Nigeria, ciblant chrétiens et musulmans, alors que le président des États-Unis, Donald Trump, menace d'intervenir militairement dans ce pays le plus peuplé d'Afrique. Des menaces qu'il justifie par ce qu'il qualifie de "persécution des chrétiens".

Ces derniers temps, des écoles chrétiennes et des églises sont la cible d'attaques djihadistes. Mais le Nigeria fait face à ce type de crimes depuis des décennies, en particulier dans le nord-est, où les Nations unies estiment à plus de 40.000 le nombre des personnes tuées depuis 2009 par les djihadistes de Boko Haram.

Au Nigeria, pays divisé entre un nord principalement musulman et un sud majoritairement chrétien, les attaques de criminels dans les lieux de culte sont courantes, non pour des raisons religieuses mais car des gangs armés appelés "bandits" pillent les biens des fidèles sur place. Eglises et mosquées sont régulièrement ciblées.

Des policiers surveillent une école après un enlèvement.
Les autorités de l'Etat de Katsina, dans le nord du Nigeria, ont annoncé la fermeture de tous les établissements scolaires de l'Etat, après plusieurs attaques cette semaine contre des écoliers par des bandes armées.Image : Deeni Jibo/AP Photo/picture alliance

Jusqu'alors, les menaces du président américain Donald Trump reposaient moins sur les faits que sur le lobbying des élus américains conservateurs qui, depuis plusieurs mois, dénoncent ce qu'ils qualifient de "génocide" contre les chrétiens au Nigeria.

Mais les récents événements pourraient venir le conforter dans ses convictions.

Ce vendredi (21.11), les autorités nigérianes ont ainsi annoncé qu'un nombre encore indéterminé d'élèves et d'enseignants ont été enlevés dans l'école catholique St. Mary, dans l'État de Niger, situé au centre du pays. 

Adamu Abdullahi, commissaire de police de l'État de Niger, explique que ses "officiers sont en route vers le lieu. C'est un voyage d'environ six à huit heures. Pour l'instant, nous n'avons pas de précisions sur le nombre d'étudiantes enlevées. Mais je suis en train de travailler pour découvrir qui sont ces gens."

Ce qui inquiète le plus est que les assaillants ont opéré la nuit. Abubakar Usman Gawu, le secrétaire du gouvernement de l'État de Niger, dit avoir "appris aussi que l'opération s'est déroulée la nuit. Ils sont venus en grand nombre à motos, pendant la nuit".

Les bancs des fidèles vides dans une église d'Eruku. Seuls quelques effets personnels sont encore posés sur les bancs.
L'attaque de l'église d'Eruku lors d'une messe retransmise en direct, a fait 2 morts selon les autorités locales. Image : Abdullahi Dare Akogun/REUTERS

C'est le deuxième enlèvement de ce type en une semaine, après le rapt, dans la nuit de dimanche à lundi derniers, de 25 lycéennes. L'attaque s'est cette fois déroulée dans l'Etat du Kebbi, dans le nord-ouest du pays. 

Mais une autre attaque a eu lieu, visant cette fois une église.

Deux personnes ont été tuées et plusieurs autres blessées, mardi soir (18.11), par un groupe armé qui a fait irruption dans une église pentecôtiste, en pleine célébration religieuse dans la ville d'Eruku, dans l'Etat de Kwara.

Les assaillants ont enlevé le pasteur et une trentaine de fidèles qu'ils ont roués de coups, avant de les emporter dans la brousse. 

Le président nigérian, Bola Tinubu, devait effectuer une visite en Afrique du Sud et en Angola, mais il a décidé de reporter son voyage en raison de cette aggravation subite des attaques djihadistes.

Vue d'une artère très empruntée de Kinshasa
Jean-Noël Ba-Mweze Correspondant à Kinshasa en RDC pour le programme francophone de la Deutsche Welle@ba_mweze