Amnesty plaide pour la libération de certaines détenues
11 mars 2026
Parmi les personnes toujours en détention figurent des femmes enceintes condamnées à des peines de prison après des procès contestés. Dans un communiqué publié mardi, Amnesty International se dit profondément préoccupée par ces condamnations qu'elle estime injustifiées. L'organisation de défense des droits humains, par la voix de son directeur exécutif pour la Côte d'Ivoire, Kokou Hervé Delmas, appelle les autorités ivoiriennes à respecter le droit à un procès équitable et à garantir des soins appropriés aux détenues.
Lisez où écoutez l'interview de la DW avec Kokou Hervé Delmas.
Kokou Hervé Delmas : ces personnes sont encore détenues parce qu'elles ont été condamnées. Une grande partie a trois ans de prison pour trouble à l'ordre public, participation à une marche interdite et attroupement sur la voie publique. Par contre, cinq mois après, d'autres encore sont en détention préventive parce que ces personnes n'ont pas encore été jugées.
DW : Votre organisation évoque justement des cas de femmes enceintes en prison. Alors, dans quelles conditions sont-elles détenues aujourd'hui ?
Kokou Hervé Delmas : en octobre 2025, parmi ces personnes qui ont été arrêtées, il y avait plusieurs femmes.Il y a une trentaine de femmes qui ont été signalées.
Et parmi ces femmes-là, il y a le cas de trois femmes qui sont enceintes de 7 à 6 mois et deux ont été jugées et condamnées à trois ans de prison. Elles ont fait appel. Une n'a pas été jugée. Et vous voyez, ces femmes sont respectivement mères de 4 à 5 enfants.
Donc c'est des femmes d'un certain âge. Et ces femmes là, avec cet état de grossesse, leur place n'est pas dans la prison.
Pourquoi ? Parce que, au moment où on les juge, pour ces femmes qui ont pris trois ans, ces femmes n'étaient pas assistées d'un avocat.
Et ces des femmes qui n'ont pas participé de manière active aux activités.C'est des femmes qui, pour d'autres, elles vendaient à proximité des personnes qui organisaient la marche.Une partait faire un achat de biscuits et malheureusement, elles ont été condamnées.
DW : Alors plusieurs personnes ont été condamnées, comme vous venez de le dire, mais sans avocat. Est-ce que cela constitue une violation du droit à un procès équitable?
Kokou Hervé Delmas : nous qualifions cela de procès inéquitable parce que toutes les conventions auxquelles la Côte d'Ivoire s'inscrit… parce que la Côte d'Ivoire se projette comme un État moderne et c'est ce que nous apprécions.
Nous sommes très avancées au niveau des textes et malheureusement, l'application de ces textes-là, c'est un grand défi pour nous tous.Et ces femmes ont été jugées sans la présence d'un avocat.Et comme ces femmes-là, il y a des personnes qui ont été condamnées à trois ans de prison juste parce qu'elles ont été raflées Nous demandons à ce que ces femmes soient libérées. Elles ont fait appel. On espère que l'appel sera entendu et que ces femmes-là seront libérées.