Une pénurie d’électricité paralyse les activités en RCA
26 janvier 2026
Les coupures d’électricité ont des conséquences négatives sur l’activité économie dans la capitale, Bangui en Centrafrique. Bienvenu Mony Beya est le directeur général de l’entreprise publique de production et de distribution d’électricité. Il explique les raisons de cette panne.
"Il y a deux groupes en arrêt et ces deux groupes en arrêt jouent sur la distribution à Bangui. En attendant que cette pièce (défectueuse), qu’on va commander, puisse arriver, on ne va pas laisser la population souffrir d’électricité".
Bienvenu Mony Beya indique que "peut-être que, bientôt, les techniciens d’Enerca pourront faire ce qui est nécessaire pour remettre ce groupe en service, mais ce n’est pas garanti. On ne peut pas être sûr. Nous disons d’emblée que ce groupe est à l’arrêt pour un minimum de six mois".
Panneaux solaires et groupes électrogènes
Les conséquences ne se sont pas fait attendre. Au quartier Miskine, dans le 5e arrondissement de Bangui, les petits commerçants souffrent déjà de cette pénurie. Angèle, une vendeuse de boissons, fait tout pour ne pas perdre sa clientèle.
"Nous sommes pénalisés par ces coupures incessantes. Pour ne pas perdre nos clients, nous utilisons des panneaux solaires et parfois aussi, des groupes électrogènes, mais le prix du carburant est cher. Nous devons le faire pour maintenir tout de même la clientèle."
Les entreprises ne sont pas épargnées. Cédric Batara fait de la construction métallique dans le 1er arrondissement de Bangui. Il a du mal à répondre aux demandes de ses clients.
Il raconte sur la DW que "les clients nous causent des problèmes tous les jours par rapport à notre travail et par rapport au délai de livraison. Vraiment, il y a trop d’impact sur nous. Aujourd’hui, même la police vient dans mon atelier pour arrêter certaines personnes, pour défaut de livraison".
"Le vrai problème, c’est l’électricité qui nous fait chuter, poursuit Cédric Batara. On n’a pas la lumière, ça vient deux ou trois minutes, ça part et sans la lumière, on ne peut pas souder."
Décès dans les hôpitaux
Les hôpitaux ne sont pas épargnés. Même si des mesures de sécurité existent avec l’usage de panneaux solaires et de générateurs, tous les services ne sont pas assurés et on déplore déjà le décès de plusieurs patients dans les services d’urgence.
Abel Assaye, directeur général de l’hôpital universitaire communautaire, explique toutefois qu’"en cas de coupure, le solaire prend le relais au service de gynécologie et de médecine et il y a des malades qui sont admis en réanimation".
"Quand ça coupe, c’est rétabli avec un écart de 10 à 15 minutes. Mais lorsqu’on a des malades dans le bloc opératoire, ou en réanimation, ça nous perturbe et c’est un danger."
Pour s’affranchir de cette difficulté, le pays mise sur l'énergie solaire. Grâce notamment aux installations de Danzi et Sakaï, construites en périphérie de Bangui, grâce au financement de la Banque mondiale. Un projet est aussi en cours avec le financement du Qatar, mais celui-ci n’a pas encore vu le jour.