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EconomieNiger

Niger : l’essor des jeunes livreurs à moto à Niamey

Maimouna Amadou
8 mai 2026

Dans la capitale, les livreurs à moto incarnent une nouvelle économie urbaine portée par des jeunes en quête d’emploi, entre débrouille, risques et opportunités.

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Services de livraison en ligne en Inde (Photo d'illustration)
Le Niger a une population très jeune : plus de 70 % des habitants ont moins de 25 ans.Image : Debarchan Chatterjee/NurPhoto/IMAGO

Dans la capitale nigérienne, les livreurs à moto sont devenus un pilier de l’économie informelle. Depuis 2018, cette activité attire de plus en plus de jeunes, notamment des étudiants ou des diplômés confrontés au chômage.

Se lancer seul pour survivre

Comme Seidou Djabiri, étudiant en transport logistique, beaucoup démarrent avec peu de moyens : une moto, un téléphone et un sac. Chaque jour, il livre plusieurs colis pour 1000 à 2000 francs CFA selon la distance.

Kenya, Nairobi, 2026 | Motos-taxis devant le dépôt de la Kenya Pipeline Company (Illustration)
Chaque année, des milliers de jeunes arrivent sur le marché du travail, mais l’économie ne crée pas assez d’emplois formels pour les absorber.Image : Thomas Mukoya/REUTERS

" Ce qui m’a mis dans cette activité, c’est le chômage. Dans le quartier, il y avait un ami qui faisait la livraison. Je ne faisais rien, alors j’ai commencé à le suivre dans cette activité. La livraison m’a permis d’avoir des connaissances, d’être stable financièrement et de maîtriser la ville ", explique Seidou Djabiri, malgré la pression des clients et le manque de respect.

Abdoulaye Moussa, juriste de formation, a d’abord travaillé comme livreur salarié avant de se lancer à son compte.

" Je ne peux pas rester sans travailler. Au début, j’ai travaillé pour quelqu’un, mais il ne me payait pas assez. Je faisais la livraison à 1000 franc CFA et lui me donnait ce que bon lui semblait. Maintenant, je suis à mon propre compte. "

Il déplore toutefois l’image négative du métier : "Vous connaissez bien la mentalité des Nigériens. Pour eux, le travail de livraison est un sot métier, mais ils ne savent pas que la personne gagne son pain dignement."

Niger: “Rond Point de l'Hopital” Niamey
Les jeunes entrepreneurs nigériens ont du mal à obtenir des crédits pour lancer leurs projets.Image : DW/D. Köpp

Entreprendre dans la livraison

Face aux difficultés du secteur, certains optent pour l’entrepreneuriat. Djibo Salisou, titulaire d’un diplôme en Communication pour le développement, a, après plusieurs années sans emploi créé, Zongo Express, une entreprise qui emploie plusieurs livreurs.

Son objectif : rassurer les commerçants et professionnaliser le secteur.
" Certains livreurs disparaissent avec les colis ou l’argent. Nous voulons offrir un service fiable ", explique-t-il.

Malgré les risques, la pression et la précarité, la livraison à moto permet à de nombreux jeunes Nigériens de générer des revenus et de gagner en autonomie. Pour beaucoup, elle reste une solution temporaire, mais indispensable, en attendant de meilleures opportunités.

Maimouna Amadou Correspondante DW à Niamey