Niger : l’essor des jeunes livreurs à moto à Niamey
8 mai 2026
Dans la capitale nigérienne, les livreurs à moto sont devenus un pilier de l’économie informelle. Depuis 2018, cette activité attire de plus en plus de jeunes, notamment des étudiants ou des diplômés confrontés au chômage.
Se lancer seul pour survivre
Comme Seidou Djabiri, étudiant en transport logistique, beaucoup démarrent avec peu de moyens : une moto, un téléphone et un sac. Chaque jour, il livre plusieurs colis pour 1000 à 2000 francs CFA selon la distance.
" Ce qui m’a mis dans cette activité, c’est le chômage. Dans le quartier, il y avait un ami qui faisait la livraison. Je ne faisais rien, alors j’ai commencé à le suivre dans cette activité. La livraison m’a permis d’avoir des connaissances, d’être stable financièrement et de maîtriser la ville ", explique Seidou Djabiri, malgré la pression des clients et le manque de respect.
Abdoulaye Moussa, juriste de formation, a d’abord travaillé comme livreur salarié avant de se lancer à son compte.
" Je ne peux pas rester sans travailler. Au début, j’ai travaillé pour quelqu’un, mais il ne me payait pas assez. Je faisais la livraison à 1000 franc CFA et lui me donnait ce que bon lui semblait. Maintenant, je suis à mon propre compte. "
Il déplore toutefois l’image négative du métier : "Vous connaissez bien la mentalité des Nigériens. Pour eux, le travail de livraison est un sot métier, mais ils ne savent pas que la personne gagne son pain dignement."
Entreprendre dans la livraison
Face aux difficultés du secteur, certains optent pour l’entrepreneuriat. Djibo Salisou, titulaire d’un diplôme en Communication pour le développement, a, après plusieurs années sans emploi créé, Zongo Express, une entreprise qui emploie plusieurs livreurs.
Son objectif : rassurer les commerçants et professionnaliser le secteur.
" Certains livreurs disparaissent avec les colis ou l’argent. Nous voulons offrir un service fiable ", explique-t-il.
Malgré les risques, la pression et la précarité, la livraison à moto permet à de nombreux jeunes Nigériens de générer des revenus et de gagner en autonomie. Pour beaucoup, elle reste une solution temporaire, mais indispensable, en attendant de meilleures opportunités.