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Duval Lebel Ebale vante l'expérience "utile" de Paul Biya

1 octobre 2025

Accusé par certains acteurs politiques et organisations de la société civile de verrouiller le jeu électoral, le parti au pouvoir rejette en bloc ces critiques.

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Accusé par certains acteurs politiques et organisations de la société civile de verrouiller le jeu électoral, le parti au pouvoir rejette en bloc ces critiques.  

Duval Lebel Ebale, membre de la commission communale RDPC de Yaoundé 4 répond aux questions de la DW.

DW : La campagne présidentielle a officiellement démarré ce 27 septembre. Comment le parti au pouvoir compte-t-il maintenir sa position dominante dans un contexte politique qui semble plus incertain que par le passé ?

Par le passé, le parti s'appuyait uniquement sur les sous-sections et les comités de base pour sensibiliser les populations. Pour cette élection 2025, la hiérarchie du parti a bien voulu, au-delà des sous-sections, créer ce qu'on appelle des secteurs. Les secteurs de campagne regroupent des quartiers. En ce qui concerne les grandes villes et en ce qui concerne les autres que l'on appelle les comités locaux. Donc, nous mettons l'accent pour 2025 dans ce qu'on appelle la campagne de porte à porte. Vous avez remarqué, au lancement, les dix régions étaient en mouvement. Après le lancement, les 360 communes ont tenu au même moment simultanément 360 lancements de campagne. Je crois qu'avec cette présence sur le terrain, ce marquage territorial, on ne peut que qu'être sûr, de ce que nous sommes en train de faire pour cette élection 2025. 

DW : Les démonstrations de force dont vous parlez, du parti au pouvoir, ont marqué l'ouverture de la campagne. Certains y voient là une volonté d'intimider ou alors de marginaliser l'opposition. Que répondez-vous à cela ?

Ce n'est pas une volonté, c'est une réalité. Parce que si vous avez un parti qui est présent dans 360 communes et que ce parti décide de faire ces meetings de lancement dans 360 communes, si vous avez un parti qui est présent dans dix régions et qu'il décide de lancer sa campagne dans les dix régions en simultané, cette force de frappe, c'est une force de frappe politique qui est réelle depuis 1985, jusqu'aujourd'hui, quitte à ce que ça fasse peur aux autres concurrents, c'est tant mieux pour nous.

DW : L’opposition semble amorcer une nouvelle dynamique avec des alliances inattendues. Le parti au pouvoir les prend-il au sérieux ?

Je pense que pour des partis sérieux, des alliances, pour une campagne électorale, cela se fait peut-être même deux ans avant. On sait déjà que tel et tel vont aller ensemble. Et maintenant, vous êtes onze candidats opposés à un qui est au pouvoir. Parmi les onze, vous n'allez pas vous entendre ? On a deux qui se mettent ensemble là-bas, trois qui vont se mettre ensemble là-bas et d'autres qui disent non, moi j'évolue seul. Nous, quand nous voyons ça, nous comprenons tout simplement que les gens sont dans les embrouilles. On ne les prend pas au sérieux.

DW : Et quel regard portez-vous sur les critiques qui accusent votre parti, le RDPC, de profiter d'un morcellement de l'opposition qu'il aurait lui-même favorisé ?

Je pense que nous sommes dans un pays démocratique. Il y a des partis qui existent depuis comme l'UNDP, comme le FNC, l'UDC, le SDF, qui sont là depuis, qui ont leur ligne politique. Il ne faudrait pas que lorsque nous aurons une victoire écrasante au soir du 12 octobre, que les gens disent que nous avons été aidés par les pseudos candidats qu'on aurait créés nous-mêmes. Non. Nous avons notre base électorale. Nous sommes présents sur 360 communes. Ce maillage territorial est suffisant pour que notre victoire au soir du 12 octobre ne soit même pas teintée de certaines fausses alliances sous cape avec certains candidats qui se battent.

DW : De nombreuses voix s'élèvent pour dénoncer un cadre électoral inéquitable avec tout récemment cet incident avec Cabral Libii qui s'est vu refuser un site pour tenir son meeting. Estimez-vous que les règles du jeu sont équitables pour tous les candidats ?

C'est simple, c'est un chantage. C'est une manipulation de l'opinion qui n'a pas, qui n'a pas lieu. La preuve, le même candidat a fait un meeting toujours à Douala et n'a pas été inquiété, il a rassemblé ses militants là-bas. Alors que les gens souffrent, que nous ayons des affiches et qu'on occupe l'espace. Nous n'avons pas défendu l'espace à qui que ce soit. Maintenant, si les autres manquent de moyens ou alors cherchent encore les moyens pour faire des affiches, est-ce qu'un seul candidat est allé mettre une affiche quelque part et on lui interdit de mettre l’affiche ?

DW : Est-ce qu'on peut faire une bonne campagne avec le peu de moyens de financement que l'Etat donne ?

Non. Allez partout dans le monde, les partis politiques ont d'autres moyens, font des collectes de fonds. Ils ont des militants, ils ont des mécènes qui mettent des moyens à la disposition des candidats. Alors si tu es candidat parce que tu attends 15 millions pour battre campagne, alors oublie.

DW : Revenons sur la candidature de votre candidat, Paul Biya. Qu’est-ce que ce candidat apporte que d'autres n'auraient pas ?

Je pense qu’il a déjà cette sagesse-là. Vous savez qu’en Afrique, l'homme âgé est synonyme de sagesse et nous pensons que le président Biya nous a évité beaucoup de situations parce qu'à un moment donné, il a eu cette sagesse-là dont nous avons besoin pour prendre la bonne décision. C'est un homme d'Etat avéré qui est entré dans l'administration à 29 ans. Cette expérience aujourd'hui est utile pour le Cameroun. Le président Biya a su sortir avec maestria et sagesse le Cameroun des accords coloniaux. Ça les gens ne le savent pas. Le président Biya a su garder ses amis en sortant d'une manière sage des accords. On ne peut pas lui reprocher ça aujourd'hui parce que progressivement nous sortons de ces accords-là.

DW : Les populations se demandent quand même où est votre candidat, le président Paul Biya ? Quand est ce qu'il fera une apparition ?

On ne voit pas ça n'importe comment. Il va arriver. Le président Biya a prévu trois ou quatre sorties et je pense que quand ça va se faire peut-être d'ici le début de ce week-end ou la semaine prochaine, les gens vont encore voir la démonstration de force parce qu'il va sortir avec maestria et puissance. Que le peuple ne s'inquiète pas.

DW : En cas de défaite votre parti est-il prêt à reconnaître les résultats et à assurer une transition pacifique du pouvoir ?

Quand vous regardez les onze candidats, dites-moi un seul qui est suffisamment implanté dans 20 communes au Cameroun, le RDPC dans 360 communes, rien que ça, nous ne pensons même pas la défaite.

Vue aérienne de Yaoundé
Elisabeth Asen Correspondante au Cameroun pour le programme francophone de la Deutsche Welle