Le Global Media Forum - le Forum Global des médias - se poursuit ce mercredi à Bonn, à deux pas de nos studios. Plus de 1 400 participants d'une centaine de pays participent à la 19e édition, organisée, comme tous les ans, par la Deutsche Welle et ses partenaires.
Pour 2026, le thème retenu est le "journalisme qui donne de la voix" avec une multitude de conférences et d'ateliers sur l'importance d'une presse libre, les défis posés aux professionnels des médias par l'intelligence artificielle ou encore la lutte contre la désinformation.
Ce dernier point est l'une des batailles que livre actuellement la Cédéao - la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest et son directeur de la communication, Joël Ahofodji
Interview avec Joël Ahofodji, directeur de la communication de la Cédéao
Joël Ahofodji : Au niveau de la Cédéao, nous sommes conscients que cette désinformation a pris du volume, tout simplement parce que pendant un temps, la communication de la Cédéao a été absente, il faut le reconnaître.
Donc, ce que nous avons initié par la suite, c'était une formation pour les journalistes dans chacun des Etats membres. Déjà, c'est un bon départ pour lutter contre la désinformation.
Mais l'autre chose que nous sommes en train de mettre en place, c'est d'appuyer les Etats membres à mettre en place des centres de vérification des informations. Et là nous l'avons commencé avec la Gambie.
Notre intention, dans les années à venir, c'est d'aider également d'autres pays à mettre en place un centre du genre pour la vérification des faits.
La dernière chose que je voudrais dire, c'est le problème de la régulation. Beaucoup de pays africains, notamment en Afrique de l'Ouest, ont des organes officiels de régulation. La question aujourd'hui, c'est de trouver le moyen d'embarquer ces organes de régulation dans un mouvement de contrôle des plateformes.
DW : Vous avez une réelle influence sur ces plateformes ?
Joël Ahofodji : Si un pays comme le Gabon a pu couper des médias sociaux et a amené justement ces médias sociaux à réagir, si les pays africains, Afrique de l'Ouest prennent la décision de couper ces médias sociaux, je pense que les plateformes vont prendre en considération le problème de la désinformation.
C'est parce qu'aujourd'hui les plateformes estiment que l'Afrique est un terrain d'expérimentation, donc on teste tout ce qui est faux, tout ce qui est bon, tout ce qui est mauvais, et on voit quelle sera la réaction.
DW : Et comment s'attaquer alors à l'autre problème qui est, par exemple, quand les autorités coupent les réseaux sociaux au moment des élections, pour que cette lutte contre la désinformation sur les réseaux sociaux ne se retourne pas contre les populations ?
Joël Ahofodji : Alors, c'est effectivement une question préoccupante, mais je pense que le problème ne peut être résolu que lorsqu'on aura un contrôle de la mauvaise information sur les plateformes.
Tous nos efforts aujourd'hui concourent à aider les États membres à prendre en considération le problème de la désinformation, mais également le droit des populations à avoir accès à l'information, mais la vraie information. Également, pour finir, le droit des journalistes à exercer leur profession.