L'indépendance des journalistes au cœur du GMF
23 juin 2026
Premier jour, ce mardi (23.06), de la 19e édition du Global Media Forum - le Forum Global des médias organisé tous les ans, à Bonn, par la Deutsche Welle et ses partenaires, notamment le ministère allemand des Affaires étrangères.
Le "journalisme qui donne de la voix" - c'est le thème retenu cette année avec un accent mis sur la valeur du journalisme indépendant et sa contribution à la démocratie et à la sécurité.
Le journalisme doit rester audible dans un monde de plus en plus bruyant, a expliqué Barbara Massing, la directrice générale de la DW, lors de l'ouverture du GMF :
“Cela signifie qu’il faut redonner au journalisme son pouvoir de rassembler les gens et réaffirmer le rôle essentiel des médias libres dans nos sociétés. Cela signifie rassembler les gens, apprendre les uns des autres et reconnaître le journalisme pour ce qu’il doit être aujourd’hui : un antidote à la polarisation, au nationalisme et à l’isolement. Je pense que beaucoup d’entre vous dans cette salle partagent cette conviction, mais il ne suffit pas de la partager entre nous. Nous devons la faire sortir de ces murs et montrer que les médias libres ne se contentent pas de relater des faits. Ils orientent, mettent en avant des solutions, favorisent le dialogue et encouragent une participation constructive. Ensemble, ils constituent le fondement de la démocratie et de la sécurité.”
Le sujet de cette édition parle particulièrement à l'un des participants : Joël Ahofodji. Il est directeur de la communication auprès de la commission de la CEDEAO, la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest.
Écoutez ou lisez ci-dessous son interview :
Joël Ahofodji : Le sujet qui est choisi pour ce forum, c'est comme si vous êtes au cœur des problèmes que connaît la CEDEAO depuis bientôt deux ou trois ans. Vous n'êtes pas sans savoir que la CEDEAO a connu le départ de certains de ses États membres et malheureusement, dans le cadre de ce processus de retrait, il y a eu beaucoup de fausses informations qui ont été élaborées, fabriquées, publiées sur la CEDEAO.
Cette désinformation a pris du volume, tout simplement parce que pendant un temps, la communication de la CEDEAO était absente, il faut le reconnaître. Et j'ai l'habitude de dire que l'absence de l'information dresse le lit à la désinformation. Alors, à un moment donné, donc, le management de la CEDEAO a pris sur lui la responsabilité de mettre en œuvre un certain nombre d'activités pour contrer ce phénomène de désinformation.
DW : Est-ce que vous n'avez pas eu l'impression à ce moment là d'arriver trop tard ?
Joël Ahofodji : Alors comme dirait l'autre, mieux vaut arriver tard que de ne jamais arriver. La désinformation est un phénomène qui a la peau dure. Quoique l'on fasse, cela continue. Mais, on a aujourd'hui la chance de constater que contre la CEDEAO, le phénomène a beaucoup diminué. Maintenant que le contact est établi, ces médias ont la possibilité de contacter la CEDEAO pour dire "ok, nous avons telle information, est-ce que vous confirmez ?" On leur dit "non, c'est faux, voilà, c'est vrai., voilà la vraie information.
DW : Vous nous parlez beaucoup des pays membres, mais vous avez évoqué les difficiles relations avec les pays de l'Est, notamment Mali, Burkina Faso, Niger. Est-ce que vous avez quand même des ponts avec ces pays, avec les journalistes de ces pays, avec les formateurs de ces pays, puisque la désinformation vient aussi de là ?
Joël Ahofodji : Alors le travail que nous faisons s'étend naturellement vers nos frères et sœurs des autres pays. Parce que si nous arrivons à dompter la mauvaise information dans nos États membres, je pense que de façon indirecte, cela peut également sensibiliser nos confrères journalistes qui sont dans les autres pays et qui ne sont pas nos ennemis. Qu'on le veuille ou non, nous demeurons des frères de l'Afrique de l'Ouest.