La Côte d'Ivoire vote dans le calme
Publié le 25 octobre 2025dernière mise à jour 26 octobre 2025
L'essentiel
Près de 9 millions d'électeurs devraient se rendre dans les bureaux de vote pour cette élection où cinq candidats sont en lice pour la magistrature suprême en Côte d’Ivoire. Certaines figures de l'opposition, notamment Tidjane Thiam le chef du PDCI-RDA (Parti démocratique de Côte d'Ivoire - Rassemblement démocratique africain), ou Laurent Gbagbo, l'ancien président
Tidjane Thiam a été écarté en raison de nationalité, tandisque pour Laurent Gbagbo, il a été question d’une condamnation pénale.
Alassane Ouattara est en lice donc avec l'ancienne première dame Simone Ehivet Gbagbo du Mouvement des générations capables (MGC). Il y a également Henriette Lagou Adjoua, ancienne ministre de la Famille. Jean-Louis Billon, homme d'affaires et ancien ministre et Ahoua Don Mello, vice-président du Parti populaire africain-Côte d'Ivoire (PPA-CI) cherchent aussi la majistrature suprême.
Réactions des Ivoiriens qui ont voté
Amangou Aude Thirtsa, jeune fille d'Abidjan a voté pour la première fois et espère que le reste du processus se déroulera dans le calme. Pour l'instant, selon nos sources sur place, le vote s'est déroulé dans le calme.
Kevin Nicolas Aboucon, comme certains candidats, appelle les Ivoriens à sortir massivement pour aller voter. Dans certaines circonscriptions, la présence des électeurs était faible.
Carène N’Guessan, elle, dit qu'elle aime la Côte d’Ivoire. "On prie pour la Côte d'Ivoire, on prie pour que tout se passe très bien et que Dieu bénisse notre chère nation", dit-elle.
Et Jean Charles Adom de conclure : "Je suis venu comme tous les Ivoiriens aujourd'hui accomplir mon devoir civique. Parce que nous croyons que la Côte d'Ivoire a besoin de paix, a besoin de stabilité et ce devoir là va nous permettre d'aller dans la droite ligne de ce que nous avons commencé. Donc je souhaite bon vote à tous et que Dieu bénisse la Côte d'Ivoire".
Ouattara : ""La paix a marqué notre pays pendant 60 ans, puis nous avons malheureusement dérapé"
Quelques candidats, notamment le président sortant, Alassane Ouattara et Henriette Lagou Adjoua, ancienne ministre de la Famille, ont déjà fait des déclarations après avoir déposé leurs bulletins dans l'urne.
Ouattara a fait savoir :"la paix a marqué notre pays pendant 60 ans, puis nous avons malheureusement dérapé. Cela nous a causé beaucoup de difficultés".
La déclaration du président sortant fait référence aux épisodes sanglants des violences post-électorales, où des milliers d'Ivoiriens ont perdu la vie.
Henriette Lagou Adjoua, ancienne ministre de la Famille, appelle les Ivoiriens à venir voter en masses. "C'est par cette seule condition que le pays va connaitre un vrai changement", a-t-elle déclaré à la presse.
Jean-Louis Billon, lui, a déclaré : "Nous voulons un changement générationnel et que les Ivoiriens se réconcilient vraiment".
Une forte représentation des observateurs dans plusieurs sites de vote
Au site électoral du collège Sainte Marie à Abidjan, d'où le président sortant, Alassane Ouattara a voté, plusieurs observateurs, notamment de la Communauté Économique des États d'Afrique de l'Ouest (Cédéao), ont été au rendez-vous. Ils ont pour mission de surveiller le processus et aider à prévenir d'éventuels conflits.
Plusieurs épisodes de violences post-électorales ont mis à genou la Côte d'Ivoire, notamment en 2010, dans la contestation de l'élection de l'actuel président, Ouattara. Environ 3000 personnes ont été tuées dans ces violences, plus de 1500 ont été blessées, selon l'Onu.
Les mêmes scénari ont eu lieu encore en 2020 quand Ouattara a décidé de briguer un troisième mandat. Un acte que l'opposition jugeait inconstitutionnel. Selon Amnesty International, au moins 85 morts et 500 blessés ont été recensés
Dans certains bureaux de vote, la participation des électeurs est faible
Dans certains bureaux de vote, la participation des électeurs est faible. C'est notamment le cas de l'école EPP Blokos dans le quartier Blokos, commune de Cocodyà Abidjan, où un petit nombre d'électeurs est visible dans différentes salles de classe. Dans certains cas, les électeurs ont affiché avant le jour de vote, leur désintérêt pour cette élection. La raison avancée étant la peur des violences post-électorales qui ont marqué la Côte d'Ivoire par le passé.
D'autres estiment que la démocratie dans ce pays a été piétinée, en référence aux figures de l'opposition qui ont été écartées de cette course à la présidentielle, notamment Tidjane Thiam ou Laurent Gbagbo, pour diverses raisons.
Quelles sont les priorités des candidats ?
L'ancienne première dame Simone Ehivet Gbagbodu Mouvement des générations capables (MGC). Elle a mené une campagne axée sur la décentralisation, l'éducation et les réformes sociales. Henriette Lagou Adjoua, ancienne ministre de la Famille, qui souhaite accroître la participation des femmes à la vie politique et à la prise de décisions. Jean-Louis Billon, homme d'affaires et ancien ministre, a fait, lui, campagne pour la modernisation économique, la réduction du chômage et la croissance du secteur privé. Quant à Ahoua Don Mello, vice-président du Parti populaire africain-Côte d'Ivoire (PPA-CI), ses priorités comprennent la réforme démocratique, la souveraineté économique et l'intégration panafricaine.
Alassane Ouattara,le président sortant est réputé avoir fait rebondir l'économie ivoirienne entre 2012 et 2019, avec un PIB en moyenne de 8,2%. Mais il est tout de même critiqué, notamment pour des inégalités sociales et régionales qui persistent : certains territoires restent marginalisés, l’accès aux services de base est inégal.