Les violences conjugales demeurent l’une des violations des droits humains les plus répandues dans le monde. Selon l’ONU, près d’une femme sur trois subit au cours de sa vie des violences physiques ou sexuelles, le plus souvent de la part d’un partenaire intime. En Afrique, ce fléau reste encore trop souvent caché, minimisé ou toléré, malgré les conséquences dramatiques pour les femmes et leurs familles.
Dans cette émission spéciale de la Deutsche Welle, des reportages et témoignages venus du Niger, du Sénégal, de la République démocratique du Congo et du Burkina Faso éclairent la réalité quotidienne de millions de femmes… mais aussi leur courage pour s’en sortir.
RDC : plus d’une femme sur deux victime de violences
En République démocratique du Congo, les violences conjugales restent massives. Plus de la moitié des femmes déclarent avoir subi des violences physiques ou sexuelles au cours de leur vie, souvent dans le cadre du couple.
Dans les zones touchées par les conflits, la situation est encore plus préoccupante. Beaucoup de survivantes n’osent pas parler, ou ne se tournent que vers leurs proches, sans soutien juridique ou psychologique.
Un reportage de Jean‑Michel Bos revient sur ces réalités alarmantes.
Niger : traditions et silence freinent les dénonciations
Au Niger, les violences conjugales restent largement sous‑déclarées, notamment à cause du poids des normes sociales.
À Gaya, dans la région de Dosso, plus de 300 cas de conflits familiaux ont été recensés par la cour du chef de canton. Les femmes et les enfants y subissent des violences physiques, morales et économiques, et les procédures de divorce sont souvent longues et difficiles.
Notre correspondante Balkissa Sidi donne la parole aux femmes qui tentent de sortir de ce cycle.
Sénégal : une mobilisation croissante contre les violences
Une enquête nationale publiée en 2024 montre que 32 % des femmes au Sénégal ont subi une forme de violence basée sur le genre en un an. Plus de 30 % déclarent avoir été victimes de violences physiques dans leur couple.
Face à cela, des militantes comme Awa Fall Diop, lauréate du Prix Anne Klein, se battent pour protéger les femmes et briser le silence. Elle revient sur la situation dans une interview réalisée par Tina Gerhäusser.
Burkina Faso : transformer la douleur en engagement
Au Burkina Faso, près d’une femme sur trois subit des violences, souvent psychologiques ou morales.
L’histoire d’Aline Bontogho, présidente de l’Association burkinabè des femmes battantes, offre une lueur d’espoir. Elle-même victime de violences, elle a choisi de partir et de créer une structure pour accompagner les autres femmes dans leur reconstruction.
Briser le silence, renforcer la protection
Les violences conjugales détruisent des vies, mais des actions émergent dans plusieurs pays africains pour accompagner les survivantes et promouvoir la dignité des femmes.
La protection juridique, l’aide psychologique et l’autonomisation économique restent des enjeux cruciaux pour permettre aux survivantes de se reconstruire.
Cette émission spéciale de la Deutsche Welle, présentée par Mahamadou Saley, donne la parole à celles qui luttent, qui résistent.